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Articles

Note sur le comte de Ribérac

En 1696, Françoise de Chabans, demoiselle, se plaint de ce que, le 21 février de cette année, « une centaine de personnes à elle inconnues, armées de pistolets, fusils, hallebardes, faulx, bâtons ferrés et autres instruments de cette nature, sont venues entourer sa maison, criant qu'elles voulaient la brûler, en tuer et massacrer tous les habitants. Tous se mirent en devoir d'exécuter leur dessein... La plaignante s'étant adressée à un certain personnage qui conduisait la troupe et lui ayant demandé pourquoi il venait à main armée assiéger et démolir sa maison, celui-ci répondit qu'il était un des domestiques du comte de Ribérac et qu'il avait ordre de faire cet attroupement, d'enfoncer les portes et d'abattre les murailles... » Ce comte de Ribérac était, du reste, un vieux féodal attardé dans son siècle, un baron des Adrets au petit pied. Son nom revient plusieurs fois. Un médecin, qui a le malheur d'habiter sous la terrasse de son château, et qui, il n...

Note sur la ville de Ribérac

Voyage de Paris pour le Poitou, Angoumois et Périgord (2 avril 1730). « Ribérac est un logement de troupes à cause des fourrages, souvent quelque compagnie de cavalerie en quartier. Le château, assis sur une élévation, à titre de comté, est d'un goût antique, fort spacieux, avec de belles salles, galeries et apartemens bien meublés. Cette terre en haute justice appartient à la famille d'Aydie de Ribérac, descendus des bâtards de la maison d'Armagnac. Le seigneur du lieu veut que tous ses vassaux le monseigneurisent : il a des gardes à sa suite, se dit issu du sang royal, passe toujours le premier chez luy au préjudice des estrangers, et enfin peu riche et obéré de dettes. Il est d'une vanité ridicule. Sa terre a de beaux droits. Il s'y tient de grands marchés à bœufs et à cochons. » Le chevalier de Lagrange-Chancel.

La châtellenie de Nontron au Moyen Âge

La châtellenie de Nontron, qualifiée baronnie dès le commencement du XVe siècle, était la seigneurie la plus importante de la vicomté. Le revenu n'en était pas très-considérable, mais sa juridiction et ses priviléges étaient très étendus et comprenaient un grand nombre de paroisses et de seigneuries inférieures. Le château avait été des plus forts du pays de Limosin. D'après la dame de Montrésor, on n'en aurait pas construit un pareil pour 40 à 50,000 livres. La seigneurie devait rapporter annuellement plus de 1,500 livres. Alain d'Albret déclarait que le château n'était fort que parce que la venue en était mauvaise. L'édifice était pauvre et ruiné. Alain et Françoise de Bretagne y avaient fait faire un bâtiment qui avait coûté 300 livres. Le vicomte ne possédait dans la châtellenie d'autre domaine en propriété complète que le château. La plupart des habitants étaient francs de guet. Il n'y avait pas plus de 300 feux assujettis à cette redevance. Les ten...

Mousquetaires du Roi au XVIIIe siècle

Dans la Maison militaire du Roi, les mousquetaires formaient deux compagnies, chacune de deux cents cavaliers. Ils devaient leur nom aux mousquets dont ils furent armés à l'origine et qu'ils remplacèrent plus tard par des fusils à la dragonne auxquels on ajouta la baïonnette depuis 1743. Ils avaient encore deux pistolets à l'arçon de la selle et une épée. Ils portaient habit écarlate, soubrevestes bleues et galonnées sans manches, avec deux croix de velours blanc, l'une devant, l'autre derrière. La première compagnie avait des galons d'or et des flammes rouges aux angles des croix, tandis que la deuxième avait des galons d'argent et des flammes feuille-morte. Les mousquetaires de la première avaient des chevaux gris ceux de la deuxième, des chevaux noirs. De là, leur nom de Mousquetaires gris et de Mousquetaires noirs. Les auteurs ne s'accordent pas sur la date de fondation de la première compagnie mais la plupart font remonter à 1622 sa création par Lou...

L'ancienne paroisse de Teyjat

La commune de Teyjat est bornée au nord, par celle de Soudat à l'est, par les communes d'Etouars et du Bourdeix; au sud et à l'ouest, par celles de Javerlhac et de Varaignes. Son terrain, granitique au nord, est en majeure partie en calcaire de première formation, avec des collines de 198, 201, 206, 217, 226 et 230 mètres d'altitude. Il contient les bourg, villages, hameaux et lieux ci-après : « Lauterie, Le Châtelard, Laborie, Le Bouchage, Malibas, Vaubrunet, Brognac, Boueyre, Bos-Bernard, Teyjat, Beaumont, Chauffour, Le Forestier, Laronde, Laudonie, Cailleau, Le Mège, Chez-Gourjon, Boisseuil. » La population a été successivement : En 1365, de 78 habitants pour treize feux; en 1804, pour 130 maisons, 784 habitants en 1852, de 792; 1856, de 841; 1861, de 794; 1866, de 755; 1872, de 733 ; 1876, de 776; en 1881, de 754. Cette paroisse, dépendant de la châtellenie de Nontron, eut, dans le principe, le vicomte de Limoges pour seigneur suzerain, et elle dépendait de la justi...

Deux parlementaires nontronnais sous la Troisième République

Mazerat (Louis, François) (1817-1881) L'avocat Louis François Mazerat est issu de vieilles familles de notables du Nontronnais, comptant plusieurs robins. Quand il naît dans la petite ville de Nontron, le 22 septembre 1817, il est le troisième enfant de François Marie « aîné » Mazerat (1776-1825), substitut du procureur du roi près du tribunal civil de Nontron (lui-même fils d'un avocat, juge sénéchal de Nontron, décédé en 1791) et de Thérèse Zoë Charles de Peyssard, décédée deux ans après la naissance de son fils, en 1819. Son frère aîné, François Antoine dit Hylas, né en 1809, fit aussi des études de droit et sa sœur, Marie-Antoinette épousa Jean-François Adolphe Sclafert Lagorsse, substitut du roi près du tribunal de Sarlat au moment de son mariage. La famille vit au château de Nontron où l'enfance de Louis François est assombrie par la mort de ses parents qui le fait orphelin à l'âge de huit ans. Après l'école communale de Nontron, Mazerat fréquente le lycée de ...

Seigneurs de Lacombe (Périgord) (1607-1961)

Tout ce qui est donné sans indication de source provient des archives du château de Lacombe. I. — Mr Me Dauphin de Maillard, éc., sgr de la Vocarie et de la Sauguie. II fut procureur du Roi de Navarre dans la châtellenie de Nontron (Carrés, 378) après son oncle de Puyzilhon. Comme je l’ai dit, des cadets gentilshommes prirent parfois, à cette époque, des charges lucratives de petites judicatures. Le 22 mai 1564 ou 1566, il épousa Honorette de La Croix, fille d’Arnaud, sgr de Jovelle et de Mitonnias, et de Claire Mercier. Le 20 déc. 1572, elle concourut au partage des biens de Jean et de François Mercier, qualifiés alors d’écuyers, quand leur père, riche marchand ayant plusieurs seigneuries, ne l’était que de honorable homme (Généalogies Périgourdines, I, 11). Honorette, veuve, testa le 15 déc. 1591, alias le 13 déc. 1596 (Carrés), demandant à être inhumée à Mareuil, nommant ses enfants et désignant Louis de Labrousse, sr du Chatenet, comme son exécuteur testamentaire. — Enfants : 1. Je...

Lettres de la comtesse de Verteillac

Adepte des nouvelles idées agronomiques, la comtesse de Verteillac souhaite, pour sa part, leur application sur ses terres périgourdines (1). En 1746, elle change de mode d'exploitation, délaissant « des fermiers [qui] sont des sangsues qui énervent tout au lieu de mettre en valeur » (2), pour un régisseur qui touche un revenu fixe et lui envoie plusieurs fois par an l'argent tiré de la vente des céréales (froment, seigle, avoine et maïs) et du vin issus de la réserve ou de parcelles en métayage. Dans sa première lettre à Allafort, la comtesse suggère un plan d'amélioration du domaine comprenant le renouvellement des pieds de vigne, la création d'une pépinière avec « glands, noyers, châtaigniers, ormes, tilleuls » et des labours fréquents car, écrit-elle, « [je] suis pérsuadée que plus on remue la terre, plus elle rapporte. Si vous voulez, pour satisfaire ma curiosité, essayer sur un journal de faire labourer quatre fois avant qu'on y sème du froment, je serai bien ...

Les Cazes avant la Révolution française

Les Camain La famille de Camain de Saint-Sulpice-de-Mareuil, du Verdoyer, de Saint-Front-de-Champniers, des Cazes, d'Oradour, de Puylambert, de Romefort, de La Coutencie, de Lestang de Lavergne et autres lieux, remonte sa filiation à 1450. Au XVIIe siècle, Charles de Camain, seigneur des Cazes, et son épouse Françoise Saunier habitent le château des Cazes. De leur union, naissent Hélie, écuyer, sieur du Repaire, marié le 26 novembre 1668 à Anne Deschamps, fille de Léonard, écuyer, sieur de La Tranchardie, et de Judith Hastelet ; et Louis dit le chevalier du Repaire, marié le 15 octobre 1673 avec Bertrande Marquet, fille de Louis, sieur des Farges, et de Valérie de Mérédieu, puis en secondes noces avec Marguerite Arbonneau. Hélie et Louis de Camain s'illustrent à leur manière en participant activement à un fait-divers particulièrement sanglant. Ainsi, le 2 janvier 1677, les deux Camain, Raphaël de Lamberterie, seigneur de La Chapelle-Montmoreau, son frère cadet, après un bon dîn...

L'affaire d'Abjat en 1640

Ces réseaux de complicités notables se retrouvent à tous les moments de l'affaire d'Abjat. La plupart des terres y appartenaient aux bourgeois de Nontron et un seul d'entre eux avait plus de bestiaux à Abjat que tous les habitants du bourg. Aussi les Vaucocour accusaient-ils nettement les bourgeois de Nontron « d'avoir donné conseil de faire rebellion ». Les officiers de Nontron refusaient en effet de poursuivre les gens d'Abjat et même de leur signifier des actes de procédure. Ils cachaient les principaux coupables et recelaient leurs biens. Les gentilshommes du voisinage, le baron de La Valade et le seigneur de Maraval, dissuadaient les sergents de s'approcher du bourg. Le plus proche hobereau, Thibaut de Camaing, écuyer, sieur de Verdoyer, soutenait ouvertement les habitants devant la justice. Il les accompagnait à Périgueux, les fournissait de procureurs et d'avocats. Il faisait menacer les sergents et aidait les coupables à s'évader ou à se cacher. ...

Les dernières charrettes de la Terreur

Elie-François de Labrousse-Belleville, ancien lieutenant de chevau-légers, a été lui aussi rendu à la vie civile par la suppression de son corps, en 1788. Agé alors de trente-cinq ans, il s'est retiré dans ses propriétés de la Loire pour se consacrer à l'agriculture. De tempérament batailleur malgré sa petite taille, à peine un mètre soixante, il est peu de dire qu'il ne s'est pas adapté aux idées nouvelles. Clamant à tout propos son élitisme aristocratique, il régentait son personnel l'épée à la main et répondait aux réclamations légitimes en montrant son derrière. Il faisait passer pour son valet un émigré notoire, lisait les Actes des Apôtres, feuille incivique, faisait baptiser les nouveau-nés du village dans sa chapelle particulière, et par des prêtres réfractaires qu'il y dissimulait. En outre, il a envoyé un de ses serviteurs à La Rochelle « y transporter des marchandises et les débiter à tel prix que ce fût, pourvu qu'il lui portât l'argent sonna...

Nicolas de La Brousse, comte de Verteillac, général de Louis XIV

Récit de la vie de Nicolas de La Brousse, élève de Vauban Première édition : 1735 - Auteur : François Girard Le comte de Verteillac naquit en 1648, au château de St. Martin en Périgord. Son père après avoir servi s'était retiré dans ses terres pour s'occuper entièrement de l'instruction de la famille : il avait quatre garcons et trois filles, l'aîné prit l'état ecclésiastique. Le comte de Verteillac alors devenu aîné se destina au service ainsi que les deux cadets. Le comte de Verteillac leur père sentit que les avantages du bien et de la naissance sont beaucoup moins considérables que ceux de l'éducation ; la plupart des gentilshommes, n'apprenaient alors qu'à être soldats. On instruisait le jeune Verteillac à être vertueux alors même qu'il n'aurait point d'ennemis à combattre, et on lui inspira tous les principes d'honneur et de raison qui pouvaient l'aider, ou à mériter les faveurs de la fortune, ou à savoir s'en passer avec di...