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Articles

Affichage des articles du février 2, 2025

Affaire de M. de Roffignac et de M. de Montalembert

Un impertinent écrivit à la porte du maréchal de Tonnerre, qui était le chef du tribunal des maréchaux de France : Séjour de l'éternelle paix ! Mais, comme pour infliger un démenti à cette plaisanterie, il se tint tribunal ce jour-là même, mardi 4 avril 1775, où l'on condamna à un an et un jour de prison M. de Roffignac. Voici le fait : le dimanche 2 avril, M. de Roffignac, se trouvant chez M. du Muy, y vit M. de Montalembert avec lequel, depuis plus de vingt ans, il avait des discussions d'intérêt, et qui effectivement passait pour avoir abusé, contre ces gens-là, et de son crédit et de ses intrigues. Il y avait environ huit ans que M. de Roffignac avait osé réellement l'insulter par écrit, et lui avait proposé de se battre. Montalembert avait porté cet écrit au tribunal, et l'avait fait condamner à vingt ans de prison; elle ne dura que sept ans et fut adoucie. Pendant ce temps-là, M. de Montalembert imprimait qu'il lui demandait, le pistolet sur la gorge, ce q...

La forge de la Chapelle-Saint-Robert et le Comité de salut public

Le ministre de la marine ayant représenté que la forge de la Chapelle-Saint-Robert, district de Nontron, département de la Dordogne, et devenue propriété nationale par l'émigration de son propriétaire, est sur le point d'être mise en vente par l'administration du district; que depuis 1789 la marine a pour trente ans la ferme de cette forge pour une fourniture de canons et de boulets, dont aucune livraison n'a encore été faite, et que, si la vente s'opère, la marine perdra le droit qu'elle a acquis sur le produit de cet établissement; enfin qu'il serait avantageux à la nation que la forge restât affectée au département de la marine et que le ministre fût autorisé à y faire exécuter les réparations nécessaires et à y établir une administration, soit par entreprise, soit par régie, qui s'occupât sur-le-champ de mettre rusine en activité et d'y couler des canons ou des boulets, le Comité de salut public arrête : 1° que la vente de la forge de la Chapelle...

La mine de fer de Lonlaigne

C'est au même Lonlaigne que s'adresse Jacques de Lavalade, un négociant du bourg de Javerlhac, le 12 janvier 1783. Celui-ci est en procès contre des fournisseurs de mine et demande à Lonlaigne de déclarer, devant notaire, comment il achète ses mines de fer. Il souhaite que Lonlaigne réponde « que tous les maîtres de forge à fondre, dans son canton, sont dans l'usage constant d'acheter et recevoir publiquement de tous particuliers les mines de fer qu'ils ramassent journellement sur la surface de la terre, soit dans leurs propres champs, soit dans ceux de leurs voisins sur la permission qu'ils en obtiennent ». Dans sa réponse, Lonlaigne s'explique ainsi : « Depuis 1774, il a acheté tant pour la forge royale de Ruelle que pour celle de Forge-Neuve, de Messieurs Docor (Aucors, paroisse de Beaussac), le chevalier de Rémondias (paroisse de Mainzac), de Fornel de Coutillas (paroisse de Feuillade) et de Maumont (Les Grogilles, paroisse de Feuillade), personnes de co...

Descravayat dans le nobiliaire de Saint-Allais

I. Jean Descravayat, écuyer, sieur du Verger et du Châlard, épousa, par contrat du 26 juillet 1609, Jeanne Bigot, damoiselle, fille de Guillemin Bigot, sieur de la forge du Châlard, et de Barbe de la Grelière, seconde femme de son père; son père lui fit don en faveur de son mariage, de la métairie située au village du Verger, paroisse de Busserolles. Il est nommé avec sa femme dans l'extrait baptistaire de Jean, leur fils du 2 décembre 1612; fit son testament à Bordeaux, le 23 mars 1647, par lequel il demanda à être inhumé dans l'église de Busserolles, au tombeau de ses prédécesseurs; il assista, le 10 décembre de la même année, au contrat de mariage de Barbe Descravayat, sa fille, avec Jean Thibault, écuyer, sieur du Plas, fils de Salomon, écuyer, seigneur du même lieu, et de Marie Lériget; ses enfants furent : 1° Jean Descravayat, qui suit; 2° Jean Descravayat, né en 1619, qui paraît être mort avant le 23 mars 1647, que son père fit son testament dans lequel il ne le rappelle...

Séjour au château de Puycharnaud

Mardi 11 juin 1782. Je n'ai fait que dîner à Nontron, car depuis trois ou quatre mois ma sœur a a abandonné ce séjour et après avoir vu MM. Mazerat, je suis parti pour la Maisonneuve. C'est toujours le même pays boisé; toujours un sol de schistes argileux, et surtout de granites, depuis le village de Saint-Martial, qui est à un mille au delà de Nontron. Du 11 jusqu'au 26. Je n'ai passé ces quinze jours d'une manière fort agréable au château de Puycharnaud, autrement dit la Maisonneuve, [du nom] du village qui est au pied du coteau médiocrement élevé sur lequel le château est bâti. M. le comte et Mme la comtesse de la Ramiere m'ont divinement bien reçu, et m'ont témoigné avec tant de franchise et de vivacité soutenues le plaisir que je leur faisais, que je m'y suis arrêté plus que je ne le croyais. Avec eux étaient, et sont encore a demeure pour quetques jours Mme de Verneuil, cousine germaine de Mme de la Ramière, dont le nom de famille est Vanosque, d...

Tours du XIIe siècle dans la région nontronnaise

En 1199, Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, en guerre contre le roi de France, Philippe Auguste, venait de conclure avec lui une trêve. Libre de disposer de son armée, il résolut de l'employer à châtier un vassal rebelle, le vicomte de Limoges, qui, dans la récente guerre, avait pris le parti de son adversaire. Il dirigea donc ses troupes contre plusieurs des forteresses que celui-ci possédait en Périgord et en Limousin, sur les frontières de sa vicomté. « Malte ville obsesse scilicet », disent les chroniques de Saint-Martial de Limoges. « Nuntrum, Noalas, Chaluz-Chabrol, Autafort... Poï-Agut... », et ailleurs : « Ipse (Richard) intérim dum œgrotaret (il venait d'être blessé devant Chalus) prœceperat suis ut obsiderent caslellum vicecomitis quod appellat.ur Nuntrum, et quoddam aliud inunicipium quod appellatur Montagut (Piégut), quod effecerunt, sed morte régis audita, confuse recesserunt. » Ce sont les constructions militaires de la région compr...

Le moulin de Valette

Le 11 mars 1594, quittance par François de Nesmond, écuyer, sieur de La Tranchade, comme ayant droit de Martial Dumas, écuyer, sieur de Ligné, héritier de feu messire Martial Hélie de Coulonges, en son vivant prieur de Bussière-Badil, d'une part ; à Thomas de Richebeuf, comme héritier de Jean de Richebeuf, son père, d'arrérages de rente dus par ce dernier, à cause du moulin de Valette, en ladite paroisse de Bussière-Badil. AD Charente E 1515. Le douze septembre 1748, dans l'église de Bussière-Badil, a été baptisée par moy soussigné Charlotte Doumain, fille de Jean Doumain, meunier, et Françoise Linlaud, sa femme, née le même jour au moulin de Valette ; a été parrain Elie Doumain, et marraine Charlotte Doumain, qui n'ont signé pour ne savoir. Signé Verneuil, curé de Bussière-Badil. AD Dordogne 5 E 70/2. De 1689 à 1849, les Doumain, une famille de meuniers, habitent le moulin de Valette sur la Tardoire. C'est aujourd'hui une propriété privée, ne visite pas. Sourc...

Un enlèvement dans le Nontronnais

Jacques d'Abzac, baron de Saint-Pardoux, seigneur de Villars et Mézières, recevait un congé du curé de Saint-Pardoux le 27 août 1687, pour épouser Catherine des Cars (1), fille d'Annet des Cars, lieutenant-général des armées du roi, gouverneur de Honfleur, et de Paule de Monlezun de Campagnac. Il testa le 21 septembre 1688 et mourut le lendemain chez le prieur de Badeix; le 23, il fut inhumé dans l'église de Saint-Pardoux. Quelques années après la mort de son mari, Catherine des Cars, jeune veuve dont la conduite, tout au moins imprudente, était l'objet des commérages du Nontronnais, fut l'héroïne d'une aventure romanesque, sur laquelle un volumineux dossier des Archives départementales (2) fournit les détails les plus circonstanciés; nous la donnerons ici comme curieux tableau des mœurs du temps. Le 19 janvier 1696, vers les trois heures du soir, une amazone, suivie d'une femme de chambre et de deux valets, chevauchait sur la route qui conduit de la Renaudi...

Portrait du comte de la Vauguyon

Nicolas de Quelen de Stuer de Caussade, prince de Carency, seul héritier des princes de Bourbon-Carency, comte de la Vauguyon, de Quelen & du Broutay, marquis de S. Mégrin, vicomte de Calvignac, vidame de Sarlat, baron de Tonneins, Gratteloup, Villeton, la Gruere, Puyeornet & de Chalus en Limosin, second baron de Quercy, seigneur de Varaignes, Quelneuc, la Chénaye, la Villegourdan, les Plessis-Godefroy & Monteville, fief & seigneurie de Stuer, illustre par sa piété, par son esprit, par les connoissances les plus sublimes, & par sa magnificence. Il fonda, dans la ville de Tonneins, le couvent des religieux du Tiers-Ordre. II fit faire à ses frais plusieurs missions, pour tâcher de ramener dans le sein de l'église les religionaires de ses terres ; il en reçut des remercimens de la part du feu roi. Il avoit fait une alliance digne de sa naissance, en épousant le 1 octobre 1703, du consentement de sa majesté, porté par son contrat de mariage, Magdelène de Bourbon, m...

Hommage de la seigneurie de Saint-Angel

Le 11 mai 1729, hommage rendu par Thibaud de La Garde, chevalier, seigneur de Saint-Angel en Périgord, demeurant au château de Lâge, paroisse de Saint-Angel, à monseigneur Bénard de Rezay, evêque d'Angoulême, pour raison de sondit château de Lâge, terre et seigneurie de Saint-Angel, assis dans la mouvance de l'evêque d'Angoulême et tenus au devoir d'une paire de gants blancs à muance de seigneur et de vassal. AD Charente E 1610. Source : Généalogie Charente Périgord.

Un enfant abandonné au château de Lâge

Acculées à l'abandon, les mères, soucieuses du sort qui est réservé à l'enfant, tentent de minimiser les dangers d'une exposition dans les rues. Le 12 juin 1785, deux domestiques du château de Lâge, dans la paroisse de Saint-Angel près de Nontron, trouvent un nouveau-né posé sur un banc de bois dans un petit appentis face à la porte de la chapelle. Sous sa tête, deux pierres lui servent d'oreiller et sur les linges qui le couvrent est attaché un morceau de papier portant la mention : l'enfant a été baptisé le 11 juin 1785. Parfois, vêtus pauvrement mais chaudement, enveloppés de linges et placés dans l'abri précaire d'un panier, ils sont suspendus au loquet d'une porte ou à un pilier. Mais pour tous, un futur évidé. Source : Être femme en Périgord au XVIIIe siècle, de Miton Gossare.

Le cachet du comte de La Garde

La Garde (Thibaud, comte de) (1) 1769 Cachet ovale, de 20 millimètres sur 18, plaqué sur des lettres en date des 7 mai et 26 juin 1765. Pas de légende. Dessin. Deux écussons ovales accolés, posés sur un cartouche : celui de dextre aux armes de La Garde (d'azur, à une épée d'argent mise en bande); celui de senestre aux armes de Baynac (burelé d'or et de gueules de dix pièces). Couronne de marquis. Pas de supports. (1) Fils de Nicolas de La Garde de Saignes de Valons, marquis de La Garde, baron de Saint-Angel, seigneur de Saint-Camprassy (Pancrace), Langlade, Puy-Castaing, etc., et de Renée de Laporte; marié le 11 juin 1758 à Anne-Marie de Baynac de Montgaillard, fille de Pierre, marquis de Baynac, premier baron du Périgord, seigneur de Comarque, Montgaillard, Dode, Montfort, Larivière, etc., et d'Anne-Marie de Boucher. Source : Sigillographie du Bas-Limousin, de Philippe de Bosredon.

La berline du comte de La Garde

Le comte de Bourdeilles (1) sur lequel le comité de Rouen s'était renseigné auprès de Mme d’Aubeterre, était le beau-père du comte de La Garde (2), arrêté sur l'ordre du comité de sûreté générale, à Rouen, rue de Grammont, par Sirejean, agent du Comité de sûreté générale, accompagné de Poisson et Troussey, du Comité de Rouen. A la suite de l'envoi, par le Comité de Rouen à celui de la section du Bonnet-Rouge de Paris, d'une lettre à l'adresse de Bourdeilles, datée du 20 mars, sans pays, les agents Vernay et Poincelot furent envoyés à Rouen, et, accompagnés des mêmes Poisson et Troussey, et d'André Meignen et François Bellamy, du comité de Bois-Guillaume, se rendirent au domicile, en cette commune, de M. de Bourdeilles. Celui-ci fut amené à Rouen. Sa femme, malade, et allaitant son enfant, fut laissée à la garde de deux citoyens. Le 15 germinal, les deux agents conduisaient à Sainte-Pélagie M. de Bourdeilles, Mme de Lagarde, sa fille, et Mme de Beaumont, sa belle...

Preuves de Nicolas de La Garde

La Garde de Saignes de Saint-Angel (Nicolas de). — Périgord. D'azur à une épée d'argent posée en bande, la pointe en bas. IX. Ne he Pierre de La G., sgr de Saignes. VIII. Ne he Barthélemy de La G. x c. 4-V-1479 Guinote de Mier. VII. Ne he Pierre de La G., sgr de Saignes, x c. 30-VII-1515 Antoinette de Valzergues. VI. Louis de La G., sgr de Saignes, chev. de l'ordre, x c. 30-VII-1563, Marguerite de Plas de Valon. V. François de La G., éc., sgr de Saint-Angel, x c. 4-VII-1604 Jeanne de Pourtenc. IV. Pierre de La G., sgr de Saint-Angel, x c. 10-IX-1639 Marie du Barry. III. François de La G., sgr de Saint-Angel, x c. 1-IV-1663 Marguerite de La Brousse. II. Thibaud de La G., sgr de Saint-Angel, x c. 25-1-1687 Marie Blaise Saunier. I. Nicolas de La Garde de Saignes de Saint-Angel, ond. le 8-1-1694, bapt. à Saint-Angel le 19-VI-1695. Preuves du 5-IV-1710. (fr. 32.102, fol. 121). Source : Les pages de la Grand écurie, de François Bluche.

Nontron et la Fronde

La Fronde. — Plus tard, de 1648 à 1653 et durant la Fronde, les habitants de Nontron, tenant toujours pour le roi et l'unité francaise, eurent encore à se signaler plus d'une fois, et leur ville devint le quartier général des troupes royales, d'après les documents suivants : Du 10 juin 1650, lettre datée de Confolens et écrite au cardinal de Mazarin par le maréchal de La Meilleraye, qui lui mande entr'autres choses : J'ai en vue Limoges et Angoulesme et fais advancer tout ce qui nous est nécessaire pour notre petit équipage, afin que lundi nous puissions estre a moitié chemin de Périgueux, a un lieu qui s'appelle Nontron où je fais mon rendez-vous général. (Archives de la Gironde). En 1651, Périgueux ayant été pris par le prince de Condé, les sièges royaux furent transférés à Nontron où ils restérent jusqu'en octobre 1653, ainsi qu'il appert des actes civils de cette ville, où l'on trouve : à la date du 14 août 1652, l'acte de baptême de la fille...

L'église de Saint-Angel en 1066

Un homme très noble du Château de Nontron, Arnaud Roux, frère de l'Abbé d'Uzerche, Gérard, fils comme lui de Robert de Nontron et d'Emma, frère également d'Anne, femme d'Andoin de Cressac, puis d'Hélie de Colummiac, marié à Elisabeth, donna en 1066 l'église de Saint-Angel, près de Champagnac en Dordogne, le fief sacerdotal qui y est joint, la Dîme qui en relève, le sol sur lequel elle avait été édifiée, les emplacements pour construire des magasins monastiques, et la moitié d'un bois. Le tout était une part héréditaire... Les fils... Raimond Arnaud, Arnaud Roux, Guillaume Arnaud, confirmaient cette situation... Plus tard, Pétronille, fille de Pierre de Malemort et mariée à Arnaud Roux (2e du nom), se fit moniale à Uzerche ; ses trois fils, Arnaud Roux (3e du nom), Guillaume Arnaud (2e du nom), Pierre Robert, approuvèrent les dons de leur mère lorsqu'un autre de leurs frères, Gérard Robert, se fit moine vers 1100. Le surnom de « Roux » s'est maint...

Note sur le château de Ribérac

La plupart des anciens châteaux du Périgord sont restés debout malgré les guerres, les incendies et les siècles; beaucoup sont intacts; quelques-uns, à demi-ruinés, offrent à l'archéologue l'attrait d'une restitution. Très peu ont complètement disparu. Parmi ces derniers, – je veux dire ceux dont il ne reste aucune trace, – il fault compter celui de Ribérac, le vieux château des comtes d'Aydie. Possédée de lemps immémorial par ceux de la maison de Pons (1), la seigneurie et comté de Ribérac entra chez les d'Aydie par le mariage d'Anne de Pons avec Odet d'Aydie, chambellan du roi Louis XI, chevalier de son ordre et grand sénéchal de Carcassonne. Les d'Aydie ayant joué un rôle important dans l'histoire de notre province, il était permis de penser que le château de Ribérac, où résidèrent plusieurs des chefs de cette maison, de vait être, par sa construction, son mobilier, ses moyens de défense et toute son ordonnance, en rapport avec la situation de ses...