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La berline du comte de La Garde

Le comte de Bourdeilles (1) sur lequel le comité de Rouen s'était renseigné auprès de Mme d’Aubeterre, était le beau-père du comte de La Garde (2), arrêté sur l'ordre du comité de sûreté générale, à Rouen, rue de Grammont, par Sirejean, agent du Comité de sûreté générale, accompagné de Poisson et Troussey, du Comité de Rouen. A la suite de l'envoi, par le Comité de Rouen à celui de la section du Bonnet-Rouge de Paris, d'une lettre à l'adresse de Bourdeilles, datée du 20 mars, sans pays, les agents Vernay et Poincelot furent envoyés à Rouen, et, accompagnés des mêmes Poisson et Troussey, et d'André Meignen et François Bellamy, du comité de Bois-Guillaume, se rendirent au domicile, en cette commune, de M. de Bourdeilles. Celui-ci fut amené à Rouen. Sa femme, malade, et allaitant son enfant, fut laissée à la garde de deux citoyens. Le 15 germinal, les deux agents conduisaient à Sainte-Pélagie M. de Bourdeilles, Mme de Lagarde, sa fille, et Mme de Beaumont, sa bellesour. M. de Bourdeilles n'en devait partir que pour aller à l'échafaud, comme son gendre.

(1) Henri-Joseph, comte de Bourdeilles, quarante-six ans, ex-noble, maitre de camp à la suite de la cavalerie, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris, le 7 thermidor an II, était veuf en premiere noces d'une Dexmier d'Archiac de Saint-Simon, et s'était remarié le 20 avril 1773, à une fille du marquis d'Estampes; sa mère était la seur du maréchal d'Aubeterre (Ctm de Chastellux, ouvr. cité.)

(2) F.-C. Thibault, comte de La Garde, trente-et-un ans, ci-devant officier aux gardes françaises, né à Saint-Angennes, marié le 4 janvier 1791, à une fille àgée de vingt-deux ans, du premier mariage de M. de Bourdeilles. Ils habitaient à Rouen, rue de Grammont, 19, une maison meublée, louée par M. de Campion-Montpoignant à M. de Bourdeilles. Le 9 frimaire, M. de Lagarde, déclare à Rouen la naissance de sa fille Yolande, née de son mariage contracté à Saint-Sulpice de Paris, le 9 janvier 1791. M. de Lagarde fut condamné à mort par le tribunal révol. de Paris et exécuté le 6 thermidor. Sa berline, remisée chez Massau, qui la declara le 11 thermidor, fut adjugée pour 2,515 l. à Houssey, marchand, rue des Charrettes. Elle était « peinte sur fond brun, avec un alatour » de roses sur fond d'argent, le train en vermillon et réchampi, ayant un chifre sur la coquille, » (Arch. mpales.)

Source : La terreur à Rouen, de Félix Clérembray.