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Articles

Voyage en Périgord

Nontron, petite ville du Périgord pour le temporel, et du diocèse de Limoges pour le spirituel, à six mortelles lieues de Périgueux. La première couchée du messager sortant de cette ville pour Poitiers a trois portes, les rues étroites, sales et malpropres, par les cochons qui courent dans les rues, assise parmi des rochers, frontière de l'Angoumois, Poitou et Limousin. Ses fabourg sont dans le fond par où passe la petite rivière du Bandiac, qui, après avoir fait tourner quantité de moulins arrose les pieds du château. Cette ville est très ancienne ainsi que son château très fort, autrefois séjour délicieux de la reine Marguerite de Navarre, qui y avoit fait élever un beau palais pour ces temps là. Ce château quasi ruiné est sur une hauteur considérable, entourée de toutes parts de profondes ravines : on y trouve des souterrains dans le roc, et les éminences voisines ne pouvoient lui nuire avant l'usage du canon. De la ville on parvient à ce vieux château par un long et large p...

Famille Pastoureau de Nontron

D'après une tradition conservée dans cette famille, un cadet de maison noble du Poitou, fourvoyé dans l'une des bandes de Pastoureaux de 1251, fut blessé dons une rencontre et laissé à Nontron, où il se fixa en prenant et gardant le nom de Pastoureau. Si, à l'appui de cette tradition, nous consultons les documents écrits, nous y trouvons que deux Pastoureau étaient propriétaires à Nontron en 1357, d'après les titres suivants, mentionnés par Doat, vol. 241 : « 1357... Instrument mentionnant que certaine maison assise au bourc de Nontron, entre le four d'Aixe et la maison de Jacques Peytoureau, est de la fondalité du vicomte die dominica post festum beati Marcialis anno Domini M° CCC° quinquagesimo septimo. — 1857... Acte de la rente due au vicomte sur certain solar portal et autres biens sis à Nontron et appartenant à Jehan Pestorele et Pierre Savenya. Die lune post hiemale festum beati Martini anno Domini millesimo trecemtesimo quinquagesimo septimo. » Ce Jehan Past...

L'inspecteur Latapie en visite à Nontron

Du mardi 12 jusqu'au samedi 16 mai 1778. Cette espèce de ville, toute méchante et toute vilaine qu'elle est, se trouve toujours sur mon itinéraire, parce que ma sœur de Constantin y est établie. Cette fois-ci, j'avais un motif de plus pour y passer. Il y a un subdélégué, le pire de tous ceux de la généralité, comme M. Bouriot, de Bazas, en est le premier. Il s'appelle M. Dubosfrand. Son âge de quatre-vingts ans a achevé de lui ôter le peu d'esprit et de sens qu'il avait reçu en naissant. Pour établir une filature à l'hôpital de Nontron sous la direction de la sœur Bussac, supérieure, il m'a fallu bien de la peine pour persuader cet imbécile de subdélégué de l'utilité de l'établissement, et flatter sa petite vanité en engageant les habitants les plus distingués de la ville à s'assembler chez lui, quoiqu'il en soit détesté. Après bien des débats, bien des objections plus bêtes les unes que les autres, messieurs de Nontron ont bien voulu sou...

Pierre-François Chabaneau, un savant périgourdin et le platine pur

Enfant du pays, Chabaneau naquit à Nontron, le 21 avril 1754, d'une famille d'artisans pauvres. Un de ses oncles, moine à Saint-Antonin (Aveyron), voulut en faire un prêtre et l'éleva près de lui. Il le fit admettre plus tard à l'Oratoire de Paris pour y étudier la théologie. Mais les maîtres de Chabaneau le jugèrent d'esprit trop indépendant et le renvoyèrent. Jeté sans argent sur le pavé de Paris, un certain abbé La Rose le recueillit et le fit charger d'un cours de mathématiques dans une maison d'éducation que les Jésuites avaient à Passy. Il lui fallut alors apprendre ce qu'il avait à enseigner, et il l'apprit si bien qu'il ne tarda pas à acquérir un certain renom de professeur. Bientôt il put ouvrir un cours public. C'est là que vinrent l'entendre les fils du comte de Peña Florida, que leur père avait chargés de recruter des professeurs pour un grand collège de nobles récemment fondé à Bergara. Ils enrôlèrent Chabaneau, qui resta tro...

Notes de Jules de Verneilh-Puyraseau

En route donc, par la route du Nord. Notre première station sera dédiée au roc branlant de Saint-Estèphe, assez connu pour qu'il suffise de le mentionner, et à son collègue de la Francherie, qui partage avec lui le mérite d'être énorme et de remuer sous une faible pression. Je pense, messieurs, qu'il est inutile de vous rassurer sur le sort de ces monolithes, menacés, il y a deux ans, suivant la rumeur publique, d'aller embellir le bois de Boulogne, et d'y continuer, pour la plus grande joie des promeneurs, les tours d'équilibre qui leur ont valu leur réputation. Leur poids et l'état de nos chemins les mettent à l'abri d'un pareil voyage. L'étang de Saint-Estèphe, voisin du roc branlant, mérite une mention à cause de son étendue de 25 hectares. Nous en longerons les bords, plantés de châtaigniers séculaires, pour gagner la tour de Piégut qui se découpe sur l'horizon de la façon la plus romantique. Les lecteurs de Walter Scott songeront involo...

La Légion d'honneur de Marcillaud de Bussac

Marcillaud de Bussac (Henri-Louis), chevalier de la Légion d'honneur, est né à Chabanais (Charente), le 12 juin 1839, fils de M. Jean-Jérôme Marcillaud de Bussac et de Mme Noémie Rougier. Il débuta dans la magistrature par la fonction de juge suppléant au Tribunal civil de Brives (Corrèze), le 16 octobre 1868. Deux ans après, il était nommé, 3 novembre 1870, procureur de la République à Fontenay (Vendée); l'année suivante, 18 mai 1871, il occupait le même siège au tribunal de Melle (Deux-Sèvres). M. Marcillaud de Bussac remplit cette fonction pendant six ans, et, le 30 juin 1887, il était nommé procureur de la République au tribunal de Saint-Jean-d'Angély (Charente-Inférieure). En 1878, 10 août, il passa, toujours au même titre, au tribunal de Bergerac (Dordogne). La carrière de M. Marcillaud de Bussac, qui s'était écoulée ainsi, pendant huit années, dans des fonctions honorables, mais modestes, eu égard à ses mérites, se dessina nettement, pour ne plus s'arrêter, p...

Rapports du subdélégué de Nontron

Voici maintenant, et au point de vue général, copies de de deux rapports du subdélégué de Nontron, que nous avons recueillis aux archives de la Gironde : « Du 22 octobre 1750, état de tous les marchands et artisans de la ville et faubourgs de Nontron, où il n'y a ni maîtrise ni jurande : Marchands : marchands drapiers, 5 ; marchands de fer, 13 ; marchands merciers, 22. — Arts et métiers : arquebusiers, 2 ; barbiers, 3 ; bouchers, 13 ; boulangers, 10 ; bonnetier, 1 ; cuisiniers-traiteurs, 4 ; cabaretiers, 15 ; chirurgiens, 4 ; cordonniers, 13 ; couvreurs, 5 ; charrons, 2 ; couturiers, 2 ; corroyeurs-pelletiers, 3 ; cordiers-criniers, 5 ; chapeliers, 7 ; cardeurs, 4 ; couteliers, 3 ; fabricants d'étoffes en laine, 15 ; filassiers, 5 ; forgerons, 9 ; fourbisseur, 1 ; fourniers ou mitrons, 5 ; fruitières, 5 ; maçons, 4 ; maréchaux, 5 ; menuisiers 4 ; meuniers, 12 ; perruquier, 1 ; poissonniers d'eau douce, 3 ; savetiers, 4 ; selliers, 3 ; serruriers, 3 ; souffletiers, 3 ; sculp...

Le Nontronnais en 1802

Nontron est une ville fort irrégulière, bâtie sur deux collines la plupart ; de ses rues sont très tortueuses et ses édifices généralement mal construits, mais ses dehors sont assez intéressants. Le Bandiat, qui coule au pied de ses coteaux, forme, dans ses contours, des vallons riants et fertiles, quoique un peu resserrés, et les hauteurs, couvertes partout de bois et de prés, font de ce pays un séjour agréable, dans la belle saison. Cette ville a des fontaines abondantes et très pures. Nontron a d'assez bons marchés et des foires célèbres, où l'on est attiré par le plaisir non moins que par les affaires. Les fêtes que l'on y donne sont vives et l'on y trouve du goût et de l'élégance. Les femmes, dans le Nontronnais, ont une mise supérieure aux autres arrondissements et disputent, avec les Bergeracoises, de fraîcheur et de beauté. C'est au chef-lieu que l'on voit ressortir davantage le caractère aimable et bon de l'habitant de cet arrondissement. Le Non...

L'église réformée de La Roche-Beaucourt

Pappier des baptesmes qui se sont faits a la Roche-Beaucourt depuis le unziesme fevrier mil cinq cent quatre vingt dix. (1579. 10 Aoust) nasquit le sieur Jean de la Rochebeaucourt, sieur et baron dud. lieu : fut b. au chasteau dud. lieu de la Roche-Beaucourt. P. Le sieur du Boydulan. M.... ? (1580. 21 Juillet) a e. b. René de Brassac, escuyer. Naquit le 21e. (1581. 20 Sept.) a e. b. Loys de Brassac, escuyer, Seigneur de Sommensaq. N. le 20e. (1590. 11 Fev.) a e. b. Loys Dexans, f. de Bernard Dexans, escuyer, sieur de Chateaudiere et de Blanzaguet. P. Loys de Cescaud, escuyer, sieur du Vivier. M. Demlle Marguerite Dexans. Nasquit le 18 Mai 1589. (Même date)... de Sescaud, ff. de Frangois... de Sescaud, escuyer, sieur de Puirigaut, et demlle... Poictevin. P. Loys de Sescaud, escuyer, sieur du Vivier. M.... ? (Même date)... de Mareuilh, ff. de Bertrand de Mareuilh, escuyer, sieur de la Voute, et de demlle Gabrielle de Veaux. P. Marquis de Veaux, escuyer, sieur de Tranchard. M. dam"e ...

Les enfants du baron de La Rochebeaucourt

René de Galard de Béarn, fils de Jeanne de La Roche-Chandry, était seigneur et baron de Brassac, La Rochebeaucourt, Saint-Maurice, Semoussac, Semillac, La Rivière, Poy, Moissaguel, Grenade, Clion, Saint-Antoine-du-Bois et autres lieux. D'après un usage très fréquent au XVIe siècle. René porta dès l'âge de six ans le titre de baron de Brassac, tandis que son père était désigné sous le seul nom de Monsieur de Brassac. Honorat de Savoie, comte de Tende et de Sommerive, marquis de Villars, amiral de France et lieutenant général du roi en Guyenne, l'admit dans sa compagnie de gens d'armes en qualité de guidon, au camp de Condom le 31 juillet 1577 (Arch. du château de Couloutre, original scellé) ; René épousa par contrat du 26 juin 1578 Marie de La Rochebeaucourt, héritière des biens de sa Maison. Dans une requête présentée au parlement de Bordeaux le 6 septembre 1594, il dit « qu'estant avec dame Marie de La Rochebeaucourt, sa feue espouse, au chasteau de La Rochebeaucou...

Le séjour de Richelieu à Angoulême

Note sur le séjour de Richelieu à Angoulême en 1619 et sur les revenus de l'évêché de Luçon. Communication de M. Boissonnade, professeur au lycée d'Angoulême. Une pièce inédite, que nous avons rencontrée dans les archives départementales de la Charente, parmi les minutes des notaires, permet de déterminer deux points qui ont leur importance pour biographie de Richelieu. Cette pièce, que nous transcrivons ci-après, est une quittance notariée, où se trouve la signature originale de l'évêque de Luçon. En voici le texte : « Nous Armand Jean du Plessis de Richelieu, evesque et baron de Luçon, confessons avoir reçeu en argent partis (sic) et autres frais de Jacques Cheureul, fermier général de nostre evesché, le payement entier de neuf années de sa ferme générale de nostre euesché, commençans à la Saint-Jean mil six cens dix et escheues à pareil jour mil six cens dix-neuf, à raison de treize mil livres par an. De quoy nous tenons ledit Cheureul entièrement quitte, sans luy en pou...

Le duché-pairie de La Rochefoucault

Érection de la terre de La Rochefoucault en duché et pairie, en faveur de François, comte dudit lieu. À Niort au mois d'avril 1622. « Louis, par la grace de Dieu, roy de France et de Navarre : A tous presens et advenir salut. Comme l'une des plus grandes marques de l'autorité des roys se reconnoist et consiste en la distribution de l'honneur, aussi le plus grand soin doit-il estre, que un si cher et précieux ornement soit sincèrement dispensé, à la proportion des mérites de ceux qui en doivent estre participans, afin de faire connoistre à la posterité que la distribution de leurs graces, liberalitez et bienfaits repond en juste proportion à la recommandation des services et fidélité de leurs serviteurs; ce que considerant et faisant jugement de ceux ausquels les titres d'honneur de nostre État se pourroient dignement départir, nous avons jetté les yeux sur nostre tres cher et bien aimé cousin messire François comte de la Rochefoucault, chevalier de nos ordres, capit...

L'histoire de M. de Bois-Couteau

Le Roi, impatient du retour du beau temps, demandait à tout moment s'il у avait apparence d'amélioration, et si çà se barrait. J'entendis fort distinctement à plusieurs reprises, ces derniers mots qui paraissaient être l'une des locutions favorites du Roi. — Puisque le temps menace de nous tenir ici long-temps, Messieurs, dit le Roi en s'adressant au groupe des principaux personnages placés près de S. M., quel est celui de vous qui se chargera de raconter quelques souvenirs de sa jeunesse, quelques souvenirs de chasse, par exemple ; ce serait tout-à-fait à propos. A vous, continue le Roi, en avisant le chevalier de Saint-Projet, qui se trouvait à la suite de la chasse ; chargez-vous de cela, en votre qualité d'habile chasseur, vous devez avoir quelque chose d'inédit. — Sire, je n'ai que quelques souvenirs d'enfance, de ceux que j'ai toujours entendus raviver dans le château paternel. — Contez , contez. Le chevalier de Saint-Projet ne se fit pas i...

L'équipage Hallali-Charente

Hallali-Charente, tel est le nom sous lequel est connu l'équipage de M. Joseph de Villemandy de la Mesnière. Ce véneur habite, pendant la plus grande partie de l'année, le château du Gazon, situé à une vingtaine de kilomètres de La Rochefoucauld, aux confins du Limousin et de l'Angoumois, dans la petite vallée resserrée de la Croutelle. Il est presque complètement entouré par les grands bois qui recouvrent les coteaux et rien n'est pittoresque comme ses vieilles tourelles qui se dressent au milieu des chênes. La façade située sur le parc donne sur une vaste pelouse qui déroule en pente douce son gai tapis de velours vert, et que prolongent à perte de vue les prairies au milieu desquelles serpente la Croutelle. La forêt de Braconne, dans laquelle chasse régulièrement M. Joseph de Villemandy, est située entre Angoulême et La Rochefoucauld. Son étendue est d'environ 5.000 hectares. Elle est peuplée de cerfs et de chevreuils, mais on ne chasse que les cerfs. Ces cerfs s...

Banqueroute de la maison Descravayat

L'année 1726 se termina au lendemain de Noël par la banqueroute de la maison Descravayat et la perte de leur seigneurie de Roussines et de leur forge du Pont-Rouchaud. En 1606, Diane des Cars démembra Roussines de sa terre de Varaignes et la céda à Guillaume Guez, trésorier de l'extraordinaire des guerres, maire d'Angoulême. En 1651, Pierre Cheyrade, maître de forges à Roussines, fut le père de Jean Cheyrade, sieur du Pont-Rouchaud, gentilhomme de la grande vénerie du roi. En 1692, Alexandre Descravayat, seigneur de Roussines, Châteaufort et autres places, était un fournisseur de canons pour la flotte du Ponant. La famille Descravayat ne se releva pas de la vente judiciaire de ses domaines, elle s'installa dans la paroisse de Saint-Cybard-le-Peyrat, châtellenie de Villebois et prit le surnom d'Esterce. Sa dernière représentante décéda à Limoges le 8 février 1958. Ne pas confondre avec leurs cousins éloignés de Bélat (Roussines) et de la Barrière (Busserolles). L...